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La Lexus IS300 SportCross

clementfreget
21 août
4 min de lecture
En pleine hégémonie des breaks allemands un outsider décide de sortir son interprétation du break de luxe. L'IS300 de première génération (XE) est un modèle de retenue et d'élégance. Concurrente des Série 3 Touring ou Classe C break elle restera confidentielle tout au long de sa production.

L'IS300 SportCross (ici en Intensa Blue Pearl) s'impose tout de suite comme une concurrente sérieuse au Série 3 Touring de cette époque (photo : site Media Lexus)
L'IS300 SportCross (ici en Intensa Blue Pearl) s'impose tout de suite comme une concurrente sérieuse au Série 3 Touring de cette époque (photo : site Media Lexus)

Tous les arguments pour plaire


Équipée de l'excellent moteur 2JZ-GE atmosphérique Toyota de 3,0 l (214 ch), qui sera également utilisé dans la version turbocompressée (2JZ-GTE) de la Supra de quatrième génération, elle se positionne comme une concurrente sérieuse des BMW E46, Audi A4 et Mercedes Classe C sur le segment des berlines et breaks premium - toutes équipées d'un six-cylindres.


Alors que chez les marques allemandes, la moindre option se paie comptant, chez Lexus, on se vante que tout (ou presque) est inclus de série : chargeur 6 CD, régulateur de vitesse, feux directionnels et sièges chauffants... pas besoin de mettre la main au portefeuille. On y retrouve même un différentiel à glissement limité Torsen, ce qui renforce le caractère sportif de cette Japonaise, venue allier sportivité et luxe, avec une approche plus rationnelle et moins tape-à-l'œil que ses concurrentes allemandes.


À bord, l'intérieur est moins séduisant que ce que proposaient Mercedes ou BMW à l'époque avec quelques options. Le cuir et les surpiqûres côtoient des plastiques de très bonne qualité mais rigides. Le tableau de bord est nettement plus sobre que celui d'une 325i ou d'une 330i où les boiseries règnent. Tout pourrait passer inaperçu à l'exception du combiné d'instruments. Inspiré de l'horlogerie de luxe, le compteur de vitesse légèrement incurvé domine le tachymètre. Au centre, trois petits cadrans fournissent des informations sur la consommation, la tension et la température. Insérés comme des complications d'une montre de luxe, le rendu est élégant et parfaitement lisible.


Le volant avec des zones de préhension bicolores est également du plus bel effet, on le retrouvera dans de nombreux modèles emblématiques du groupe, jusqu'à la légendaire LFA (la comparaison s'arrête ici).


L'intérieur de l'IS conjugue les standards de l'époque sans fioritures mis à part son combiné d'instruments (photo : site Media Lexus)
L'intérieur de l'IS conjugue les standards de l'époque sans fioritures mis à part son combiné d'instruments (photo : site Media Lexus)

Lexus est consciente que l'IS300 est un outsider face au trio formé par BMW, Audi et Mercedes. Vendue à 260 000 francs neuve en Pack Luxe (équivalant à 40 000 € à l'époque), elle était stratégiquement placée à quelques milliers d'euros de moins que ses rivales comme la BMW E46 ou l'Audi A4, tout en offrant des prestations souvent équivalentes, voire supérieures. L'une d'elles est son écran Lexus Navigator rétractable qui apportait le confort auquel toute berline des années 2000 avait droit : navigation 2D sur carte couleur via DVD (dans le coffre), ajout de POI sur un écran de 7 pouces en 16/9. Bien que BMW et Audi proposaient également leurs propres systèmes (en option et souvent encore très coûteux), celui de Lexus ringardisait franchement le COMAND de Mercedes avec son petit écran placé très bas sur la console.


Au volant, le système VVT-i (calage variable) de Toyota redonne de la consistance au 2JZ à bas régime. Avec ses 214 ch, l'IS se place dans la moyenne de son époque sans menacer les leaders du marché. Son poids (1,6 t) la désavantage en conduite dynamique, et l'absence d'un système quatre roues motrices l'empêche de s'afficher aux côtés de ses rivales à l'assaut des cols de montagne, ce qui fut longtemps le domaine d'Audi avec son système Quattro puis de BMW avec le xDrive qui sera disponible sur les Touring dès 2005.


L'IS300 est certainement le break ayant le dessin le plus cohérent de toutes ses rivales. Ses lignes rappellent sans effort la berline et se prolongent naturellement vers le hayon sans lui donner un effet "tente de toit".
L'IS300 est certainement le break ayant le dessin le plus cohérent de toutes ses rivales. Ses lignes rappellent sans effort la berline et se prolongent naturellement vers le hayon sans lui donner un effet "tente de toit".

Ce qu'on aime


Malheureusement pour Lexus et heureusement pour les amateurs la SportCross est restée très confidentielle.


  1. C'est un break d'une authenticité rare

    Si on est allergique à la conformité allemande (ou à son image), l'IS est un excellent choix. Après des années à copier avec plus ou moins de succès les vaisseaux amiraux allemands Lexus propose avec l'IS 300 SportCross sa propre interprétation du break premium compact avec une mécanique qui met à l'honneur le savoir-faire nippon. Le sérieux se confond parfois un peu avec l'austérité mais certains détails comme le cerclage en métal des boutons de climatisation son combiné d'instrument ou son volant le différencient franchement de la concurrence


  2. Rare et abordable

    Lexus n'a jamais communiqué les chiffes officiels des immatriculations d'IS en Europe et en France. On peut l'estimer à quelques milliers alors que ses concurrentes se vendaient par centaine de milliers. Il est donc aujourd'hui très rare de croiser une IS 200 ou 300 - les SportCross étant encore plus confidentielles. Peu de personnes sauront qu'il y a aussi un six-cylindres sous ce capot (et pas des moindres). Discrète, fiable, c'est une capsule temporelle années 2000.


  3. Son potentiel de collection est réel

    On ne vous promet pas que vous pourrez vous acheter une maison en investissant dans un bel exemplaire mais vous êtes sûrs de garder votre argent. le ticket d'entrée pour une SportCross en Pack Luxe peu kilométrée est encore très bas. A 8.000€ vous devriez déjà trouver votre bonheur ... si vous en trouvez une. Son échec commercial (et son différentiel à glissement limité) en ont fait une auto extrêment rare à trouver en bon état ... et d'origine. Beaucoup d'exemplaires ont fini préparé pour du drift ou à la sauce Fast and Furious. Les exemplaires restants totalisent souvent plus de deux cent mille kilomètres.


Vous en avez une ?


Si vous êtes encore le propriétaire d'une IS300 SportCross française entièrement d'origine avec moins de 100 000km : contactez-nous. Elle aura toute sa place dans notre catalogue.


 
 
 

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